Il a tapé fort contre la table avec le domino. Un geste de défi, presque de crânerie dans les limites de la camaraderie, qui l’amenait presque assurément à gagner la partie et, avec elle, une bière Presidente de 600 ml. Ce serait la première de beaucoup, car la journée était encore longue et dans la rue toutes les tables se transformaient en plateaux de domino en plein air. Presque un sport national dominicain, où la mise est une bière locale.

La vie se fait dans la rue, où les terrasses de sièges en plastique et les parties, suscitant l’attention des joueurs et des curieux, toujours prêts à observer et, inévitablement, à conseiller même si personne ne le demande. Ainsi donc les anecdotes abondent, tout comme les tournées, tandis que les heures passent et les parties s’enchaînent. Même si le domino est majoritaire, il existe quelques irréductibles joueurs d’échecs et de dames, mais leur présence est si restreinte que la moyenne des jeux de rue est à peine altérée.

Car les plateaux de jeux sont partout, sur des caisses en plastique ou en bois, sur des tables en aluminium ou sur les genoux de certains des joueurs. De préférence à l’ombre, parce qu’avec cette chaleur, il vaut mieux jouer une autre partie en attendant que ça commence à rafraîchir. En tout cas, ça ne sera pas faute d’adversaires, car ils sont nombreux à attendre leur tour. Allez, une petite partie ?